Non. A’m’suis trompée.
Je pensais, j’espérais, qu’un petit chat chez moi remettrait de l’amour et de la tendresse dans ma vie.
Mais c’est pas si simple. Ça serait trop facile d’ailleurs.
Un petit chat, ça amène du mouvement (de mauvaises odeurs aussi).
Bien sûr, il me fait rire qd il se paie des glissades sur le parquet.
Bien sûr aussi, il me rend dingue qd il saute sur le clavier du pc pendant que j'écris.
Mais il ne comble pas le vide.
Il ne remplace pas le manque.
Et au bout du compte, la solitude est toujours là, et elle pèse encore plus lourdement.
Et les questions sont toujours les mêmes, qui tournent et retournent sans cesse. Pourquoi tout le monde a droit à sa part d’amour, et pas moi ?
Je voudrais juste savoir ça. Comprendre.
Je ne crois pas que ça changera un jour, mais si je pouvais comprendre pourquoi c’est comme ça, ça serait déjà bien.
Et pendant que le chat court après son élastique, je cours après des réponses qui me filent entre les doigts.
Je suis un peu dans un état de ras-le-bol paroxystique. D’ailleurs, qd je commence à utiliser des mots pareils, c’est que ça merde.
Non, sérieux, je suis super sur les nerfs.
Parce que ça chie au boulot, ça chie dans la vie, ça chie chez moi.
Ma vie ressemble à une immense litière pour chat, en fin de compte.
Pour résumer : gros sentiment d’être quantité négligeable, tout le temps. D'être la sous-merde de
service.
Au boulot, en ma qualité de CDD bouche-trou, on s’autorise à me balader d’un bureau à l’autre, d’une mission à l’autre, on me charge comme une bourrique : oh bin tiens, tu vas pouvoir faire ça, et puis ça, et puis ça aussi… Mais bien sûr !
Et la fille que je vais remplacer pendant son congé mat, qui me fait tellement confiance qu'elle ne veut pas transférer sa messagerie sur la mienne, et qu'elle continuera à lire la sienne depuis chez elle... Elle n'en finit pas de dire qu'elle ne veut pas revenir, mais en même temps, elle me donne juste les infos dont j'aurai besoin pendant son absence.
"Et ça, ça se passe comment?" "T'en as pas besoin, ça se gère en janvier-février" (elle revient normalement en
décembre).
Chez moi, bin c’est le bordel niveau appart, j’en ai déjà parlé, mais j’ai pas le temps d’appeler les agences ni de visiter quoi que ce soit, donc c’est pas prêt de s’améliorer.
Et la vie en général ? bin c’est la merde aussi : marre que mes parents pensent tjs à mon frère, jamais
à moi. Lui, on lui propose de venir récupérer des cerises, par exemple. Moi, je réclame 3 tomates du jardin (3 coups de fil, qd même, pour les négocier, ces pauvres tomates!), et ils
trouvent le moyen d'oublier de les apporter...
Ou alors l’autre jour, alors que je demandais une journée pour aller voir la mamie, on m’a qd même répondu « ah bin oui, mais attends, je sais pas ton frère voudrait venir manger, je sais pas si ça va être ce jour-là ou un autre, blablabla… » Putain mais merde à la fin !!!! Pourquoi on doit s’adapter au désidérata de mon frangin ???? Pourquoi on doit attendre son bon vouloir et pourquoi ça serait pas lui qui se calerait sur les disponibilités de mes parents et les miennes ???
ça doit être parce que bon, je vis seule, j’ai pas d’obligations, je fais rien, alors bon, c’est pas grave, hein…
J’hallucine.
Ah oui, aussi, les collègues me cherchent parce que je suis allée au resto avec un mec. Bon, et alors ? On peut manger des frites sans se rouler des pelles, il me semble, et donc non, je sors pas avec lui.
Ah bin ouais, mais ça insiste, lourdement. Et ça finit par pas être drôle. Surtout qd ça vient d’une fille mariée depuis un bon moment, et d’une autre qui n’a pas dû connaître + de 2 jours consécutifs de célibat depuis l’âge de 15 ans…
C’est déjà pas super fun d’être célib’, d'intéresser personne, et d'avoir personne qui nous aime jamais, mais faut en + se taper l’humiliation de devoir se mettre en colère pour dire « faites chier maintenant, je sors avec personne ! ».
Envie de prendre plein de vacances, et de plus revenir, histoire de plus gêner.
Depuis qq temps, c’est pas la grande forme. C’est surtout flagrant depuis le début de l’année.
Je suis tout le temps fatiguée, mais je dors mal, j’arrive pas à m’endormir le soir (by the way, penser à racheter des tisanes magiques), donc le matin, c’est le bordel.
Et c’est pire qd je rentre en fin de journée, piske je suis crevée, donc j’ai presque systématiquement un pti coup de mou devant la tv vers 20h. Mais qd il s’agit d’aller au lit, rien. J’ai le courage de rien qd je rentre chez moi, je me demande même où je trouvais la force qd je me tapais encore 1h30 de boxe le soir, qd j’en faisais avant.
En + de ça, des ptis tracas intérieurs, mon corps réagit à l’extrême, que je mange des pâtes ou des légumes : la digestion est anarchique à chaque fois.
Je commence à en avoir marre.
Je passe mes week-ends à me traîner, à faire des siestes, tellement j’ai pas d’énergie.
J’ai pas de forces, je suis pas motivée par quoi que ce soit non plus, même le cinoche, ça m’intéresse plus.
C’est peut-être le blues de l’hiver, je sais pas.
Je vois bien que qq chose ne va pas, mais je sais pas trop par où commencer pour changer ça…
Il y a des trucs basiques, comme essayer de manger un peu mieux, mais dès que je mange une feuille de salade, j’ai mal au ventre pendant 24h (j’exagère à peine). Ou alors faudrait arriver à faire un peu de sport pour retrouver de l’énergie, mais faudra commencer par en avoir un peu, de l’énergie, pour aller au bout de 3 abdos…
Sérieux, je suis complètement à côté de moi-même, je fais plus rien, je me reconnais pas.
Je pense que si on demande autour de moi, personne ne dira que qq chose cloche chez moi. Mais moi, je le vois bien, que ça déconne.
Et c’est pas seulement parce que je mange + de kebabs et un peu – de fruits qu’avant.
Ça va sûrement chercher un peu + loin que ça.
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